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      Homélie du Jeudi Saint

Homélie du Jeudi Saint

Le sang et l’amour


Aujourd’hui, le sang et l’amour deviennent des amis !
L’Eglise a repris la mémoire de ce petit peuple juif, marqué au fer rouge, rouge de sang, marqué dans sa conscience de peuple esclave par les linteaux rougis, par l’agneau égorgé à la hâte et par le miracle de la Mer Rouge. « C’est la Pâque du Seigneur... Le sang sera pour vous un signe sur les maisons où vous serez.... Je verrai le sang et je passerai » (Ex 12) Passage en cette communion dans notre corps, nouvelle Mer Rouge ; passage dans notre vie de brebis à la suite de l’Agneau, immolé par amour ; passage sur ce monde marqué par la violence de fous qui se prétendent les « anges de Dieu ». L’ange du Seigneur, lui, a frappé le mal, répandant le sang sur les linteaux, faisant de l’objet même de la violence meurtrière, le signe et le breuvage du salut. Les Pharaons modernes ont perdu leurs espoirs. N’y a-t-il pas encore des jeunes hommes, terroristes, aveuglés par un fondamentalisme cruel, qui renouvellent aujourd’hui le drame de notre péché, certes poussé à son paroxisme -la mort d’innocents à Paris ou à Bruxelles- et qui nous renvoient à l’apparente fatalité du mal ? C’est oublier que pour sauver le Bien de l’homme, Dieu a dépêché son Fils : au milieu même de nos dix plaies d’Egypte actuelles, il s’offre en ses cinq plaies pour nourrir notre espérance. Assemblés autour de son autel royal, nous consommerons les saintes espèces rougies de son sang, pain de la route, mouillé par sa souffrance, pour passer la Mer Rouge.

Parce que passion veut dire amour et souffrance, St Ignace d’Antioche peut dire avant son martyr : « Laissez-moi imiter la Passion de mon Dieu...Il y a en moi une eau vive qui murmure et qui dit au dedans de moi « Viens vers le Père »... C’est le pain de Dieu que je veux, qui est la chair de Jésus-Christ et pour boisson, je veux son sang qui est l’amour incorruptible »
L’amour, voilà la vraie raison du don de Jésus ! Le pape François l’a proclamé : « Avec quel amour nous regarde Jésus, avec quel amour il guérit notre cœur pécheur. Il ne s’effraye jamais de nos péchés ! Lui qui nous dit : Si je pouvais souffrir d’avantage pour toi, je le ferai ! » Mélange d’amour et de paix au soir de la Cène, avant la tourmente de son vendredi qui pointe.
Pour les apôtres, sang bu avant qu’il soit versé, en espérance de la victoire avant le dénouement malheureux. Pour nous, sang bu après son offrande, victoire rappelée au cœur de nos inquiétudes.
« Ayant aimé les siens..il les aima jusqu’au bout ». Jusqu’au bout de ses veines, au bout de l’amour. Nous rentrons dans un drame d’amour, mais qui se finit si bien ! Il faut manger l’agneau de la Pâque et passer le désert avant l’éclatement de la Promesse, d’abord le vendredi avant l’aube de Pâques.
Le Christ n’a célébré son repas-sacrifice qu’avec peu de monde, et même avec des pleutres, un traitre et un futur rénégat ! Des prêtres aujourd’hui ne sont pas plus courageux, voire indignes dans des désordres sexuels lamentables, de célébrer ce Saint Mystère, mais « Cette coupe est la nouvelle Alliance en son sang ».
« Vous-même vous êtes purs », parce que je vous lave les pieds avant de vous laver dans mon sang. Le service de l’eau et de la bassine, avant le service de la souffrance. Comment douter d’un tel amour, dont le fruit et le signe sont le service de l’esclave ? Pierre, tu ne savais pas ce que tu disais : « Alors pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête » Ses pieds ont été lavés par nos péchés à travers la pècheresse, ses mains seront clouées pour nous libérer de la mort, sa tête ensanglantée se penchera sur le cœur du Père : « Viens vers le Père ! ».
Comme Pierre, nous recevrons et le sang et l’amour. Marie dans son amour a eu le cœur ensanglanté. Marie-Madeleine saura bien à la croix méler le sang de Jésus avec sa souffrance et son amour. Judas, toi, tu n’as pas su verser ton sang, sinon par désespoir, et toi Pierre, tu verseras des pleurs parce que tu l’aimais. Chrétiens de Karakosh et de Mossoul, vous avez versé votre sang en aimant votre terre sainte.
Seigneur, permets-nous de donner aussi notre sang par amour.

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